Dacrifilia
2021·17 min·74% liked·5.3K Vues
Dacryphilie. C'est Silvia Rubi—doigts tachés de peinture, son atelier qui sent la térébenthine et le cul. Elle peint pendant que ses modèles pleurent. Plus les larmes coulent, plus les commandes grossissent. Elle fait venir Maximilian avec le même prétexte bidon: une interview sur son expo. À mi-chemin du premier bourbon il commence à déglutir, alors elle pousse la lumière plus fort sur sa cicatrice et continue ses questions. Il résiste, la pomme d'Adam qui fait des bonds, la voix qui se brise là où il croyait être blindé. Elle le regarde comme un couteau sur un fruit, jusqu'à ce qu'une larme perle, puis une autre. Ça descend le long de son cou, s'accroche à son col, et elle est déjà trempée, les tétons durs sous sa soie noire, le pouls qui cogne. Elle se penche assez près pour que son parfum se mélange au sel et pose la question suivante doucement, en la faisant traîner jusqu'à ce qu'il tremble et que d'autres tombent. Chaque larme nourrit le tableau qui se forme déjà dans sa tête. Chaque clin d'œil de lui alimente la toile qui finira accrochée quelque part dans un endroit froid et cher, la preuve qu'elle l'a fait craquer sans jamais poser la main sur sa peau.













